consonne


consonne

consonne [ kɔ̃sɔn ] n. f.
• 1529; lat. gramm. consona « dont le son se joint à »
1Phonét. Son produit par un rétrécissement (consonnes fricatives, constrictives) ou un arrêt (consonnes occlusives) du passage de l'air, généralement expiratoire. aussi semi-consonne. Consonnes orales, nasales. Consonnes sourdes, sonores. Mode d'articulation d'une consonne. Consonnes bilabiales, palatales, vélaires, pharyngales, glottales. Consonnes latérales, vibrantes; affriquées, spirantes; explosives, implosives. Palatalisation, vélarisation d'une consonne.
2Cour. Lettre représentant une consonne. Les vingt consonnes de l'alphabet français. Consonnes géminées, identiques, qui se suivent dans un mot (ex. immense).

consonne nom féminin (latin grammatical consona littera, lettre dont le son se joint à celui de la voyelle) Un des deux types de sons du langage, caractérisé par la présence d'un obstacle dans le conduit vocal (occlusion ou constriction), qui entrave l'écoulement du flux d'air phonatoire.

consonne
n. f.
d1./d Son résultant de la fermeture complète (occlusives) ou partielle (constrictives) du conduit buccal. Consonnes dentales: [d] et [t]; bilabiales: et [p]; labiodentales: [f] et [v]; palatales ou vélaires: [g] et [k]; alvéolaires: [s] et [z], etc.
[b]d2./d Lettre qui représente un de ces sons.

⇒CONSONNE, subst. fém.
Dans le langage humain, articulation phonique caractérisée, par opposition aux voyelles, par le fait de ne pouvoir être le seul constituant ou le seul type de constituant d'un mot :
1. Si je m'attarde seulement à me demander ce que c'est qu'une consonne, je m'interroge; je consulte; et je ne recueille que des semblants de connaissance nette, distribuée en vingt avis contradictoires...
VALÉRY, Variété III, 1936, p. 45.
SYNT. [Dans l'analyse spectrographique, p. oppos. aux voyelles, auxquelles correspondent des bandes stables] Les bandes de transition des consonnes. [Du point de vue des caractéristiques articulatoires] Consonnes bilabiales, labiodentales, dentales, palatales, vélaires; consonnes occlusives, fricatives, spirantes; consonnes sourdes, sonores; consonnes fortes, faibles; consonnes orales, nasales.
[Avec une connotation styl.] :
2. « Monsieur, me dit-il, en pesant tous les termes, dont il faisait précéder les plus impertinents d'une double paire de consonnes, l'entretien que j'ai condescendu à vous accorder, à la prière d'une personne qui désire que je ne la nomme pas, marquera pour nos relations le point final. (...) »
PROUST, Le Côté de Guermantes 2, 1921, p. 554.
[Avec une connotation à la fois styl. et typologique] :
3. Holmès a un suivant, un enthousiaste en tout bien et tout honneur, dont chaque phrase admirative, en son accent tudesque, est comme un coup de marteau frappé sur des consonnes.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1895, p. 838.
Prononc. et Orth. :[]. Enq. :/kõson/. Ds Ac. 1694-1932. FÉR. Crit. t. 1 1787 propose consone. Cf. consonance. Homon. : formes du verbe consonner. Étymol. et Hist. I. Subst. 1529 (GEOFFROY TORY, Champ fleury, 59 v° ds Romania, t. 51, 1925, pp. 36-37). II. Adj. 1694 lettre consonne (Ac.), cf. ,,beaucoup plus usité comme subst. fém.`` (Ac. 1835). Empr. au lat. impérial des grammairiens consona (s.-ent. littera), de consonus, -a adj. proprement « dont le son se joint à celui de la voyelle ». Consonne a remplacé la forme plus ancienne consonant, subst. masc., attestée du XIIIe s. (HUON LE ROI, Abc, 116 ds T.-L.) au XVIe s. (P. FABRI, L'Art de rhétorique ds HUG.), ainsi que consonante, subst. fém., attesté de 1546 (RABELAIS, Tiers livre, chap. 3 ds HUG.) à 1771 (Trév.), empr. au lat. impérial des grammairiens consonans, synon. de consona (Quintilien). Fréq. abs. littér. :130. Bbg. LAURENT (P.). Contribution à l'hist. du lex. fr. Romania. 1925, t. 51, pp. 36-37.

consonne [kɔ̃sɔn] n. f.
ÉTYM. 1529; lat. gramm. consona « dont le son se joint à », déverbal de consonare. → Consoner.
1 Phonème (bruitconsonnes sourdes — ou son et bruit) produit par le passage de l'air à travers la gorge, la bouche, formant obstacles. || Consonnes occlusives (orales; nasales), constrictives ou fricatives (d'après le mode d'articulation). || Consonnes affriquées. || Consonnes bilabiales [p, b], labio-dentales [f, v], dentales [t, d], alvéolaires [s, z], palatales, vélaires [k, g], uvulaire [ʀ]. aussi Semi-consonne. || Consonne implosive, explosive. || Consonne aspirée. || Les consonnes du français [p, t, k, b, d, g, f, s, ʃ, v, z, ʒ, m, n, ɲ, ʀ, l]. || Consonne d'appui. || Affaiblissement d'une consonne. Lénition.
1 Dans une syllabe composée de plusieurs consonnes qui semblent se presser autour d'une voyelle, sphinx, grecs, cécrops, la réunion précipitée de toutes ces articulations en un temps syllabique rend l'action de l'organe pénible et confuse.
Marmontel, Œuvres, in Littré.
2 (…) par tout le dortoir, un bruissement confus, où, de temps en temps, se distingue le sifflement bref d'une consonne.
J. Renard, Poil de carotte, p. 31.
3 J'inventai la couleur des voyelles ! (…) Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens.
Rimbaud, Une saison en enfer, « Délires », II.
4 M. de Segrais écrivit au nom de l'Académie de Caen, pour inviter l'Académie française à décider s'il fallait dire bo-n à monter, bo-n à descendre, ou ne point faire tinter la consonne finale de bon.
d'Olivet, Traité de la prosodie franç., III, 6, in Littré.
4.1 En réalité le souffle c'est la voyelle. La consonne c'est la forme que nos lèvres, notre langue, tout notre instrument buccal donnent au souffle, la manière dont ils le font sortir de nous en le faisant résonner suivant la quintuple voyelle dans notre cavité buccale. La consonne est le support de la voyelle et la voyelle à son tour est le colorant du sentiment qu'exprime la lettre. La consonne est la lettre et la voyelle est l'esprit.
Claudel, Journal, 1er oct. 1922.
2 (XVIIe). Lettre représentant une consonne. || Consonnes géminées, identiques, qui se suivent dans un mot. || Consonne muette. || Faire la liaison avec la consonne finale.
5 La langue hébraïque s'écrivait autrefois sans voyelles, il n'y avait que les seules consonnes, et c'était la tradition et l'usage qui apprenaient comment il fallait placer les voyelles pour la lire et la prononcer.
Du Marsais, Œuvres, in Littré.
3 Adj. (1694, lettre consonne). Vx. || Lettre, son consonne.
DÉR. Consonantique, consonantisme.
COMP. Semi-consonne.
HOM. Formes du v. consoner.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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